14 mois sans clope

Ça faisait des mois, voire des années que je voulais vraiment arrêter de fumer la cigarette. J’avais déjà amorcé une première tentative en juillet 2011. Une impulsion qui venait de ma femme, fumeuse elle aussi à l’époque. On a donc fumé ce qui devait être notre dernière cigarette pendant nos vacances d’été. Sauf qu’elle a tenu et que moi j’ai craqué, après 4 ou 5 mois, je ne sais plus très bien (la mémoire, tout ça, tout ça).

Ce qui est marrant, et que je constate chez quelques-uns de mes potes qui sont en train de « stopper » la clope actuellement, c’est que je me persuadais que je n’avais pas vraiment repris. Je fumais en cachette et à de rares occasions (je consommais plus ou moins une boite de frisk par jour pour masquer cette très mauvaise haleine, et je défonçais la peau de mes mains à coup de savon + le budget parfum largement revu à la hausse). Ce petit cirque n’a pas duré très longtemps. Je me suis très vite fait gauler.

J’ai continué à me convaincre que je n’étais toujours pas redevenu fumeur. C’était occasionnel. Je me rassurais en parlant souvent de la fameuse cigarette sociale :  « c’est juste quand je bois un verre ». Ensuite, est venue s’ajouter la cigarette de conversation : « j’ai accompagné un collègue dehors pour causer d’un projet, alors j’ai fumé avec lui ». Et puis finalement, la cigarette apaisante à chaque pause boulot, entre deux tournages, considérés comme stressants. J’avais toujours une excellente raison de fumer une petit clope même si j’avais officiellement arrêté. Tout ça n’avait pas beaucoup de sens. Et pourtant ça a duré pendant 4 ans. « J’ai arrêté, mais… »

Le déclic

Et puis, il y a eu un déclic, un peu par hasard. En avril dernier, j’avais lu un article sur le phénomène de la « vapote » publié, je crois, dans le Vif. Le journaliste écrivait sur cette nouvelle tendance, parfois devenue un quasi art de vivre pour certains. C’était LE moment idéal pour tomber sur ce dossier (Il n’y a jamais de hasard). J’étais en pleine réflexion sur ce que m’apportait vraiment la cigarette au quotidien. C’était aussi la période des compets de tennis, je me retrouvais sans cesse confronté au paradoxe de fumer des clopes avant de monter sur un terrain de tennis. Je cherchais de plus en plus souvent mon second souffle pendant mes matchs. Un autre truc qui me faisait flipper, c’est que je me rendais compte que la quasi-totalité des cigarettes que je fumais n’étaient qu’un stupide réflexe, elles ne me « goûtaient » même pas. Et puis, je bossais sur le projet d’une émission santé/bien-être…

Alors j’ai été acheter une cigarette électronique, à la nicotine. J’étais à moitié convaincu, j’avais lu tout et son contraire à son propos, mais j’avais envie de tenter le coup. J’ai continué à fumer des cigarettes « normales » mais en moins grande quantité. La vapote venait à mon secours en cas de manque.

Et puis, le 28 mai, dernier jour des Interclubs de tennis (on s’est fait lamentablement sortir au premier round), en rentrant chez moi avec un paquet de cigarettes dans les poumons, fumé en une journée, j’ai décidé que tout ce cinéma était terminé. Pour toujours.

Très grosse décision. Après une nuit (qui porte conseil), je me dis que je n’ai vraiment pas choisi le bon moment : quelques jours plus tard, je devais subir un examen médical un peu pénible et flippant, sous sédation. 3 semaines plus tard, j’avais un weekend entre mecs, programmé de longue date (avec de nombreux fumeurs).  Il y a aussi l’Euro de football qui débarquait. Bref, tout était réuni pour que ma mission échoue une nouvelle fois. Quand on veut arrêter de fumer, ce n’est, évidemment, jamais le bon moment. Donc, j’ai pris le problème à l’envers : si j’arrive à arrêter dans ces conditions, si je passe ces moments charnières, c’est que je peux devenir un vrai non-fumeur.

Ça été très très compliqué les quinze premiers jours. Mais je n’ai jamais arrêté de lutter. Ce n’était que dans la tête. Physiquement, je n’ai jamais, mais vraiment jamais, ressenti un manque (ou alors, je n’ai pas été capable de l’identifier). J’avais la vapote pour m’aider. Elle a pris cher, mais elle a tenu le coup elle aussi ! Et puis, petit à petit, j’ai laissé tomber cette béquille. Très précisément après 45 jours (c’est dingue comme l’arrêt de la cigarette est un événement qui reste gravé dans la mémoire « calendrier », on se souvient de toutes les dates). Depuis, je n’ai plus jamais touché une clope « normale » ou électronique. Les envies se sont faites de moins en moins fréquentes. Elles sont toujours là, mais leur temps d’action est de plus en plus court. Je passe très très vite à autre chose. J’ai pris un peu de poids (juin= barbecue, Euro = bières, vacances= apéros..). Depuis quelques semaines, je retrouve une ligne un peu moins catastrophique.

Et maintenant ?

En parler sur ce blog, c’est aussi l’occasion de faire un petit bilan de ce que cet arrêt a modifié dans mon corps et dans ma tête. Physiquement, pendant les premiers mois, je n’ai pas vraiment senti la différence. Depuis décembre par contre, je ressens beaucoup plus d’aisance dans la gestion de longs efforts. J’ai l’impression que je ne dois plus aller chercher le second souffle. J’ai repris le mini-foot la semaine dernière (on a joué 2X45 minutes, sans changement), et je me suis senti tellement bien, frais tout au long de la partie. C’est assez impressionnant. On s’entend bien, je parle ici de sensations, pas de constat scientifique. On dit souvent aussi qu’on retrouve les saveurs quand on arrête de fumer. Ce n’est pas du tout le cas chez moi (je ne les avais peut-être, tout simplement, pas perdues). En revanche, j’ai retrouvé un transit intestinal plus équilibré, moins irrégulier. Par contre, je suis devenu complètement intolérant à l’odeur de la fumée et du coup, ultra pénible auprès des fumeurs. Je leur fais la morale non-stop, je déteste ça mais je ne peux pas m’en empêcher. Psychologiquement, je suis assez relax. Je suis très fier de moi. Limite un peu trop (c’est là qu’on se rend compte à quel point on est esclave de cette merde). J’en parle beaucoup autour de moi, ça doit certainement saouler mon entourage, mais les compliments de leur part me font du bien. Et puis ça m’oblige à ne jamais recommencer (j’ai tellement fait le malin avec ça).

Petit conseil : pour gérer les moments plus difficiles, j’utilise la cohérence cardiaque !

 

 

 

 

 

Adrien Devyver
Adrien Devyver